Lors d’une visite immobilière, chaque mot compte. Certaines phrases, prononcées sans mauvaise intention, peuvent pourtant freiner une vente, semer le doute ou faire fuir un acheteur potentiel.
Une visite immobilière ne se joue pas uniquement sur l’état du bien ou sur son prix. Elle se joue aussi sur le discours tenu pendant l’échange. En effet, les acheteurs écoutent attentivement. Ils interprètent et projettent chaque information donnée, même de manière informelle.
De ce fait, certaines phrases, pourtant courantes, peuvent créer un malaise, affaiblir la crédibilité du vendeur ou donner des arguments pour négocier à la baisse.
Cet article passe en revue les propos à éviter absolument lors d’une visite immobilière, tout en proposant des alternatives plus efficaces.
Pourquoi les mots ont autant d’impact lors d’une visite ?
Avant d’entrer dans le détail des phrases à bannir, il convient de comprendre pourquoi la parole joue un rôle aussi déterminant pendant une visite.
Une visite est aussi une négociation implicite
Même lorsque l’acheteur ne formule pas d’offre, la négociation commence dès les premières minutes. Chaque information devient un indice. Chaque hésitation peut être interprétée comme une faiblesse.
Ainsi, une phrase mal formulée peut :
- Éveiller un doute inutile ;
- Justifier une future négociation ;
- Renforcer une objection latente.
En principe, plus le discours est maîtrisé, plus la position du vendeur reste solide.
L’émotion guide souvent la décision
Acheter un bien immobilier reste un acte émotionnel. Les acheteurs cherchent un coup de cœur, mais de même un sentiment de sécurité. Toutefois, certaines paroles ont la capacité de rompre cette dynamique positive.
De cette manière, un discours trop transparent, trop négatif ou trop personnel peut détourner l’attention des atouts réels du bien.
| À NOTER 👇 |
|---|
| Les acheteurs se souviennent rarement de tout ce qu’ils ont vu, mais ils retiennent très bien ce qu’ils ont ressenti pendant la visite. |
Les phrases à ne jamais prononcer lors d’une visite immobilière
Avant d’aborder les catégories de phrases problématiques, rappelons qu’il ne s’agit pas de mentir. Il s’agit plutôt de communiquer avec justesse, sans se tirer une balle dans le pied.
Les phrases qui dévalorisent le bien
Il existe des remarques, souvent dites sur le ton de l’honnêteté, qui nuisent directement à la perception du logement. Elles attirent l’attention sur des défauts qui seraient parfois passés inaperçus.
Par exemple :
- « Il y a toujours un peu d’humidité ici. »
- « Cette pièce est petite, mais on s’y habitue. »
- « La chaudière est vieille, mais elle fonctionne encore. »
De ce fait, l’acheteur va immédiatement se focaliser sur le point faible, parfois au détriment de l’ensemble. La meilleure solution est donc de reformuler ou de contextualiser, sans minimiser ni dramatiser.
Les confidences personnelles mal placées
Partager son histoire peut sembler naturel. Pourtant, certaines confidences fragilisent la position du vendeur.
Dire, par exemple :
- « On a déjà acheté ailleurs. »
- « On est pressés de vendre. »
- « On a eu du mal à vendre jusqu’ici. »
Ces phrases donnent un avantage clair à l’acheteur. Puisque la situation du vendeur paraît urgente, la négociation devient presque inévitable. En cas de question directe, une réponse neutre et factuelle reste toujours préférable.
Les phrases qui créent de l’incertitude
L’acheteur cherche des repères clairs. Or, certaines formulations sèment le doute, même involontairement.
Par exemple :
- « Je ne suis pas sûr pour les charges. »
- « Il faudrait vérifier, je ne sais plus exactement. »
- « Il me semble que les travaux ont été faits il y a longtemps. »
Ainsi, le discours perd en crédibilité. Quand l’information n’est pas certaine, il faut proposer de la confirmer après la visite plutôt que d’improviser une réponse floue.
Les erreurs de langage qui favorisent la négociation à la baisse
Au-delà des phrases maladroites, certaines tournures encouragent directement l’acheteur à négocier.
Minimiser soi-même la valeur du bien
Dire qu’un prix est « discutable » ou « forcément négociable » ouvre la porte à une offre inférieure. Même si une marge existe, il n’est jamais judicieux de l’annoncer spontanément.
Il faudra éviter les phrases comme :
- « On sait que le prix est un peu élevé. »
- « On peut toujours s’arranger. »
Ces dernières affaiblissent la position du vendeur. De cette façon, l’acheteur attendra rarement le prix affiché. Il sera donc difficile de vendre le bien à un prix juste.
Comparer maladroitement avec d’autres biens
Comparer son logement à celui du voisin ou à une autre annonce peut aussi se retourner contre le vendeur.
Par exemple :
- « Le voisin a vendu moins cher. »
- « Il y a mieux pour ce prix dans le quartier. »
Même si ces propos se veulent honnêtes, ils donnent des arguments immédiats à l’acheteur pour revoir son offre à la baisse.
Ce qu’il vaut mieux dire à la place
Éviter certaines phrases ne signifie pas rester silencieux. Au contraire, un discours bien construit renforce l’impact positif de la visite.
Mettre en avant les usages plutôt que les défauts
Lorsqu’un point faible existe, il est préférable de le présenter sous un angle fonctionnel ou évolutif. Parler d’usage permet souvent de désamorcer les objections.
Par exemple, plutôt que de souligner une petite surface, évoquez la facilité d’entretien ou la luminosité. Ainsi, l’acheteur perçoit une logique, et non une excuse.
Rester factuel et cohérent
Un discours factuel peut rassurer. Dates, travaux réalisés, charges moyennes, performances énergétiques… ces éléments renforcent la crédibilité du vendeur.
Lorsque l’information manque, il est plus efficace de dire que vous reviendrez vers l’acheteur avec une réponse précise. Cela montre du sérieux et de la transparence.
Le rôle de l’agent immobilier lors des visites
Même avec la meilleure volonté, il reste difficile de maîtriser tous les aspects d’une visite. C’est pourquoi il est préférable de se faire accompagner par un professionnel.
Un filtre entre émotion et stratégie
Un agent immobilier agit comme un intermédiaire neutre. Il sait quels éléments mettre en avant et lesquels présenter avec prudence. De cette façon, il évite les dérapages verbaux et protège les intérêts du vendeur.
Une visite structurée et maîtrisée
Avec un professionnel, la visite suit un fil conducteur clair. Les questions sensibles sont gérées avec tact. Les objections sont mieux anticipées. Ainsi, le vendeur n’a pas à improviser.
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Conclusion
Lors d’une visite immobilière, les mots peuvent devenir des alliés… ou des obstacles. Certaines phrases, prononcées sans y penser, peuvent semer le doute, affaiblir la négociation ou ralentir la vente immobilière.
En adoptant un discours clair, mesuré et orienté vers les atouts du bien, le vendeur renforce son positionnement et aura plus de chance de conclure la vente.
FAQ
Est-il risqué de faire visiter son bien seul ?
Cela dépend de l’expérience du vendeur. Toutefois, un agent immobilier sait gérer les échanges sensibles et préserver la négociation.
Pourquoi confier les visites à un professionnel ?
Parce qu’il maîtrise le discours, anticipe les objections et protège les intérêts du vendeur tout au long du processus.
Faut-il cacher les défauts du bien lors d’une visite ?
Non. Il est préférable d’être transparent, mais avec une formulation maîtrisée et contextualisée.
Peut-on refuser de répondre à certaines questions ?
Il vaut mieux proposer de fournir l’information ultérieurement plutôt que de répondre de manière imprécise.


