Protéger la maison en cas de décès demande de l’anticipation, surtout dans le cas des couples non-mariés. Droits successoraux, fiscalité, solutions juridiques… Découvrez l’essentiel à savoir.
Acheter une maison à deux sans être mariés est aujourd’hui courant en Wallonie. Pourtant, en cas de décès de l’un des partenaires, la situation peut rapidement devenir complexe.
En effet, le droit belge ne protège pas automatiquement le partenaire survivant lorsqu’il n’existe pas de lien matrimonial.
De ce fait, sans mesures spécifiques, le survivant peut se retrouver en difficulté, voire contraint de quitter le logement. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre les règles applicables et les solutions possibles pour sécuriser votre bien immobilier.
Pourquoi les couples non-mariés sont moins protégés ?
En Belgique, tout dépend du statut du couple. Cette distinction influence directement les droits du partenaire survivant.
La différence entre cohabitation de fait et cohabitation légale
En principe, deux situations existent pour les couples non-mariés :
- La cohabitation de fait concerne les couples qui vivent ensemble sans démarche administrative. Dans ce cas, la loi ne prévoit quasiment aucune protection successorale.
- À l’inverse, la cohabitation légale, déclarée à la commune, procure certains droits, notamment en matière de logement familial.
Ainsi, le simple fait d’habiter ensemble ne suffit pas à protéger le partenaire survivant. C’est pourquoi le statut du couple constitue la première question à se poser.
Ce que prévoit la loi en cas de décès
En cas de décès d’un cohabitant de fait, le partenaire survivant n’hérite de rien par défaut. Les héritiers légaux (enfants ou famille du défunt), récupèrent la part du bien immobilier.
Pour les cohabitants légaux, la loi accorde un droit d’usufruit sur le logement familial et son mobilier. Cependant, ce droit ne permet pas toujours de conserver pleinement la maison.
Les risques concrets pour le partenaire survivant
Comprendre les risques permet de mieux mesurer l’importance d’anticiper. En pratique, plusieurs situations délicates peuvent survenir.
L’indivision avec les héritiers
Lorsque le bien appartient aux deux partenaires et que l’un décède, le survivant peut se retrouver en indivision avec les héritiers du défunt.
Cela signifie que toutes les décisions importantes doivent être prises ensemble. En cas de désaccord, la vente du bien peut même être imposée.
La perte du logement
Dans les cas les plus sensibles, notamment pour les cohabitants de fait, le partenaire survivant peut être contraint de quitter la maison s’il ne peut pas racheter la part des héritiers.
Ainsi, un projet de vie commun peut se retrouver fragilisé du jour au lendemain.
Les solutions pour protéger votre maison
Heureusement, il y a plusieurs mécanismes permettant de sécuriser la situation du partenaire survivant. Chaque solution présente des avantages et des limites, d’où l’importance de choisir celle qui correspond le mieux à votre situation.
Rédiger un testament adapté
Le testament reste l’outil le plus simple pour organiser la transmission du bien. Il permet de léguer tout ou partie de sa part immobilière à son partenaire.
Cependant, il doit respecter les droits des héritiers réservataires, notamment les enfants.
De cette façon, le partenaire survivant bénéficie d’une sécurité juridique accrue, même si la fiscalité successorale doit être soigneusement analysée.
Opter pour une clause de tontine
La clause de tontine, intégrée lors de l’achat, prévoit que le bien revient automatiquement au survivant, comme s’il en avait toujours été l’unique propriétaire.
Ce mécanisme peut s’avérer efficace, mais il implique des conséquences fiscales importantes, car l’opération est assimilée à une vente au moment du décès.
Avant d’opter pour une tontine, il est vivement conseillé de consulter un notaire afin d’évaluer l’impact fiscal réel de cette solution.
Souscrire une assurance solde restant dû
L’assurance solde restant dû permet de couvrir le remboursement du crédit immobilier en cas de décès. Ainsi, le partenaire survivant n’hérite pas d’une charge financière supplémentaire et peut conserver le logement plus sereinement.
Cette solution ne règle pas tout sur le plan successoral, mais elle constitue un complément essentiel à une stratégie globale.
La cohabitation légale comme première protection
Avant même de penser aux montages juridiques complexes, la cohabitation légale offre une base intéressante.
Les droits accordés au partenaire survivant
En devenant cohabitants légaux, les partenaires bénéficient automatiquement d’un droit d’usufruit sur le logement familial.
Cela signifie que le survivant peut continuer à occuper le bien, même si la nue-propriété revient aux héritiers.
Ce droit constitue souvent un filet de sécurité minimal, surtout lorsque le logement représente le cœur du patrimoine commun.
Les limites à connaître
Toutefois, l’usufruit ne permet pas toujours de vendre ou de transmettre librement le bien. De plus, il peut être supprimé par testament dans certaines situations.
C’est pourquoi la cohabitation légale ne doit pas être vue comme une solution unique, mais plutôt comme un point de départ.
Anticiper pour éviter les conflits familiaux
Au-delà des aspects juridiques, anticiper permet aussi de préserver l’équilibre familial. En effet, un décès mal préparé peut entraîner des tensions entre le partenaire survivant et les héritiers.
Pour réduire les risques de conflits, il faut :
- Mettre les choses par écrit.
- Expliquer ses choix et informer les proches.
Ainsi, chacun comprend les décisions prises et les raisons qui les motivent.
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Conclusion
Protéger la maison pour des couples non-mariés en Wallonie n’est pas toujours facile. Sans anticipation, le partenaire survivant peut se retrouver dans une situation délicate, tant sur le plan juridique que financier.
Testament, cohabitation légale, tontine ou assurance solde restant dû : chaque solution a sa place, à condition d’être bien choisie.
En vous entourant d’un vrai professionnel et en prenant le temps de structurer votre projet, vous sécurisez votre logement et, surtout, votre tranquillité d’esprit.
FAQ
La cohabitation légale suffit-elle à protéger totalement le partenaire survivant ?
Pas entièrement. Elle offre un droit d’usufruit sur le logement familial, mais ne remplace pas une planification successorale complète.
Un cohabitant de fait hérite-t-il automatiquement de la maison ?
Non. En l’absence de testament ou de dispositif spécifique, le cohabitant de fait n’a aucun droit successoral sur le bien.
La clause de tontine est-elle toujours avantageuse ?
Pas nécessairement. Elle protège efficacement le survivant, mais peut entraîner une fiscalité plus lourde. Une analyse préalable est indispensable.
Quand faut-il consulter un professionnel ?
Idéalement avant l’achat du bien ou dès que la situation familiale évolue. Anticiper permet d’éviter des décisions prises dans l’urgence.





